Ce voyageur qui avait vu beaucoup de pays et de peuples et visité plusieurs parties du monde et à qui l'on demandait quel était le caractère général qu'il avait retrouvé chez tous les hommes, répondait que c'était leur penchant à la paresse. Certaines gens penseront qu'il eût répondre avec plus de justesse (ils sont tous craintifs).
Cette phrase de Nietzsche me paraît expliquer à merveille l'attitude du public devant tout ce qui bouleverse ses habitudes de penser et ses modes de vision. En fin de compte il n'est rien que les hommes aiment tant que la mort, ""j'entends non pas cette sublimation de la vie que constitue la mort physique, mais cette forme de mort lente de l'esprit qui se traduit par un refus d'exister, une négation de la vie, une peur panique devant ce qui est nouveauté, rupture avec le passé.Tout rajeunissement impliquant l'acceptation du temps de l'action donc le remise en discussion des problèmes essentiels, la plupart des hommes s'en méfient comme d'un mal pernicieux. Ils aiment le confort avant tout, le repos dans l'habitude et dans un passé qui ne se discute pas.
Ceci est vrai en art plus que dans tout autre domaine, on assiste ainsi à un constant décalage de l'opinion par rapport aux oeuvres les plus valables, aux seules oeuvres valables.
Les impressionnistes ont rencontré la plus violentes hostilité qui désormais sont admirés ans réserve par tous.Matisse ce peintre désormais indiscuté et glorifié, condamne les recherches des artistes les plus valables de notre époque, de ceux qui précisément le continuent non en le copiant, mais en s'efforcant de nouer à leur tour un nouveau maillon à la chaîne a la traduction française...
Le véritable homme d'action n'a que faire de certitude, l'artiste créateur non plus, il est tout entier tourné vers le futur et son geste s'accomplit sans qu'il lui apparaisse nécessaire de le justifier par rapport à tel ou tel principe, à telle ou telle doctrine. C'est à ce titre qu il préfigure l'avenir.
Matisse a exprimé mieux que quiconque cette profonde nécessite "quand les moyens se sont tellement affiné, tellement amenuisés que leur pouvoir d'expression s'épuise, il faut revenir aux principes essentiels qui ont formé le langage humain".
SES PRINCIPES.
Ce sont, alors les principes qui remontent, qui reprennent la vie, qui nous donnent la vie.Les tableaux qui sont des raffinements, des dégradations subtiles, des fondus sans énergie, appelant des beaux bleus, des beaux rouges, des beaux jaunes!!!!! (des matières qui remuent le fond sensuel des hommes)
Quel prodigieux colloque par delà les siècles!!!!!


