La proclamation de la République se produit dans un paysage politique particulièrement complexe. Les républicains « français », proches du quotidien Le Phare du Littoral, s'opposent aux libéraux « italiens », proches du quotidien Il Diritto di Nizza, dont certains souhaitent le retour de Nice à l'Italie tandis que d'autres réclament essentiellement la prise en compte par le gouvernement français des particularités locales. Les premiers préfets républicains, Pierre Baragnon et Marc Dufraisse, mènent une politique parfois maladroite, en accusant tous leurs adversaires de « séparatisme ». Le préfet conservateur Villeneuve-Bargemon, nommé sous l'Ordre moral, s'appuie ensuite sur les conservateurs locaux, « particularistes ».......
Parmi ces conservateurs locaux particularistes se trouvent le maire de Nice élu en 1871, Auguste Raynaud, ainsi que deux députés élus en février 1871 : Louis Piccon et Constantin Bergondi. Le particularisme politique échoue cependant assez rapidement. En 1874, Louis Piccon doit démissionner après avoir prononcé un discours dans lequel il envisageait le retour de Nice à la sphère italienne. Au même moment, son collègue Constantin Bergondi se suicide à cause de problèmes familiaux. Lors des élections législatives suivantes, le préfet et le journal Il Pensiero di Nizza soutiennent deux bonapartistes niçois, Joseph Durandy et Eugène Roissard de Bellet, mais ce sont deux républicains « français », Gaspard Médecin, de Menton, et Léon Chiris, de Grasse, qui sont élus. L'avocat Alfred Borriglione se rapproche ensuite des républicains « français » et se fait élire député en 1876. En 1878, il se présente aux élections municipales contre le maire sortant Auguste Raynaud et remporte le scrutin. Nice passe à gauche.
Alfred Borriglione lance une politique de grands travaux : création du boulevard Gambetta, prolongation de la Promenade des Anglais, création d'un casino municipal sur la place Masséna, organisation d'une exposition internationale en 1883-1884. Proche de Gambetta et membre de l'Union républicaine, il est réélu comme maire en 1882. À la suite d'une crise municipale, il est cependant battu en 1886. Ses adversaires, conservateurs, lui reprochent en effet d'avoir fait trop de travaux et d'avoir endetté la ville. Le nouveau conseil municipal désigne comme maire Jules Gilly puis, à la suite de la démission de celui-ci, le comte François Alziary de Malausséna. La mairie est donc à présent tenue par des conservateurs modérés, qui arrêtent la politique de grands travaux
