Quand se dévoilent enfin les colosses de pierre,
Stoîquement dressés en leur éternité,
Je ressens en mon coeur les forces prisonnières,
Qui bouillonnent en eux comme flots en marée.
Derrière les traits figès et les orbites vides,
Mille et milliers d'années semblentnous épier,
De ramsés le grand aux princes sassanides,
Tous les rois à vos pieds vinrent se prosterner.
Souvenez-vous géants façonnés de mains d'hommes,
De ces guerriers d'ébéne, de ces hordes nubiennes,
Des phalanges hittites et des légions de Rome,
Qui toutes savancérent en ces terres égyptiennes.
Vous êtes les gardiens des temples et des dieux,
Du rayonnant Amon à Sekhmet guerrière,
De Ptah, Thot, Hathor, et Horus l'heureux,
Vous fûtes de ces dieux les fidèles Cerberes.
Ce soir sur l'esplanade de l'ancien sanctuaire,
A l'heure où Ré se meurt aux rives de l'oocident,
Passent les furtives ombres d'indolents dromadaires,
Qui vers le fleuve-dieu s'avancent à pas lents.
Poème d'Hydromel
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